Deprecated: mysql_pconnect(): The mysql extension is deprecated and will be removed in the future: use mysqli or PDO instead in /home/clients/5e01035e225a136befbb4d999404b18b/web/Connections/conexion_test.php on line 9
carnet de bord février 2010
Logo de Timounaid Drapeau de la Belgique

Timounaid

Drapeau d'Haïti

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Comment faire un don à Timounaid ?

(en créole, timoun signifie enfant)

 

La reconstruction de Haïti prendra des années.

La mobilisation doit continuer.

N'oublions pas la population d'Ayiti (Haïti en créole)

drapeau vatican

Merci à tous pour vos dons ... sans vous, nous ne serions rien.

Compte ASBL Timounaid : IBAN : BE19 0688 9135 0912 / BIC : GKCCBEBB

Actualités

Le 4 février 2010, Maïté nous transmettait son carnet de bord

Bonjour à tous et à toutes,

 

Je viens d’arriver aux gonaives après une semaine chargée d’émotions et d’activités ! C’est difficile de vous résumer ce que nous vivons. C’est pourquoi je vous envoie des extraits de mon journal de bord.
J’ai aussi pris des photos. J’ai vécu cette semaine comme un pélérinage que surement beaucoup d’entre vous auraient voulu effectuer. Ces notes et ces photos sont les seules choses que je peux vous offrir, avec mes prières, pour adoucir votre souffrance.
Avec toute mon affection.

 

HAITI 2010

(...) Détournée vers la république dominicaine je fais le vol Paris-Santo Domingo avec un contingent de la protection civile, des médecins et des pompiers francais….. Ti-Boni, un ami médecin, m’héberge pour la nuit et me donne les premières nouvelles : énormement de blessés arrivent en république dominicaine essentiellement pour des amputations et des réductions de fractures. Beaucoup d’étudiants haitiens sont retournés chez eux pour les vacances et…ne sont pas revenus…..

Mercredi 27 janvier

….je profite de mon passage en dominicanie pour acheter de la nourriture : (25 kg) pates, riz, farine, huile, sucre, lait concentré. Je parviens à caser tout cela dans le bus qui m’amènera à port-au-prince ainsi que mes 40 kg de médicaments (2 valises)…..
A partir de la croix des bouquets je vois les premières maisons effondrées…l’hotel à coté de la station Terrabus est en ruines…je suis accueillie avec des sourires et des larmes…..et je passe ma première nuit sous une tente de fortune dans le jardin de notre petite maison qui par chance n’a rien (merci à notre dame des roses)
La bache du camion nous protège d’une pluie éventuelle, des couvertures nous servent de tapis de sol. Depuis le 12 janvier tout Port-Au-Prince dort à l’exterieur. Les mains s’unissent en prières de remerciements de nous voir tous vivants.

Jeudi 28 janvier

…..Karmoze a une fracture ouverte à la base de la jambe gauche. Au poste d’urgence on a remis l’os en place puis on lui a donne du désinfectant, quelques compresses et 1 plaquette d’antibiotiques. A continuer chez elle !!! Elle n’a plus de chez elle et c’est son dernier comprimé d’antibiotiques !
De commun accord nous décidons de diviser notre tente en deux. Une partie avec “le” lit pliant pour Karmoze et sa famille (mari, fillette, soeur et amie). Nous continuerons à la soigner pour éviter les infections. L’autre partie servira le jour pour des “consultations de seconde urgence” et la nuit comme dortoir pour notre petite petite communauté de 8 personnes. Les visites se succèdent. Chacun, chacune a besoin de raconter son vécu. Nous réalisons l’importance non seulememt de la continuité des soins mais aussi de l’écoute. C’est essentiel dans la “reconstruction humaine”. Ils repartent avec un peu plus de force, un peu plus de réconfort et un peu plus de paix….
L’après-midi nous laissons le petit dispensaire aux mains de Timann et nous commencons nos visites….. La famille salésienne : 4 morts (1 coadjuteur et 3 abbés), 3 blessés (père Stra a été touché au dos et se trouve en république dominicaine )…
Nous prenons la route…et c’est le début de l’irréel. L’église de la croix des missions est complètement effondrée, le post-noviviat fleur yo de Tabarre et le provincialat sont fortement crevassés et menacent de tomber…
Père Elan me dit : “Potoprens se site karton, nou tout se timoun nan lari-a” Port-au-Prince c’est la cité carton, nous sommes tous devenus des enfants des rues ! Effectivement ceux qui ont encore un semblant de maison n’osent plus y rentrer surtout la nuit , quant à ceux qui n’ont plus rien ils n’ont pas d’autrechoix. Les gens ont construit des abris de fortune dans les rues, les espaces publics, les parcs, avec des plastics, des cartons, des vêtements arrachés aux décombres. Les plus chanceux ont de petites tentes. Arrivée au carrefour Delmas-Boul Dessalines je vois l’église Don Bosco avec des murs obliques en équilibre instable. Les murs d’enceinte sont tombés. Je rentre à l’ENAM (école nationale des arts et métiers). La façade avant semble ne pas avoir trop souffert mais ce n’est qu’une illusion. En pénétrant dans la cour arrière je vois que tout est grandement crevassé et de nombreux gros blocs jonchent le sol. Je me retourne. Les 2 étages de la résidence des pères ne sont plus qu’un amas de pierres. Père Wim est là et me montre l’endroit d’ou on l’a extrait des décombres: un trou de plus ou moins 40 cm de haut. C’était sa chambre ! Même chose pour la chambre de Père Stra ! Mèt Sanon, le coadjuteur n’a pas eu la chance de rester en vie….
Tous les ateliers qui jouxtent Lakay (maison des enfants des rues de Père Stra) sont écrasés. 250 étudiants gisent encore sous les décombres…les batiments de ti-lekol de Pere Bohnen ont disparu. Seuls subsistent les dortoirs, la choukoune et le réfectoire de Lakay, les ateliers ont été détruits par les batiments de l’OPEP qui se trouvaient à coté…
J’apercois le Pere Lefene ! il est vivant, merci seigneur…., c’est lui qui est venu dire la messe à notre Dame de l’Assomption il y a quelques années….
...il est 18 heures, la nuit est tombée. Nous repartons chez nous des larmes pleins les yeux…

Vendredi 29 janvier

La nouvelle est confirmée. Le container est là, il n’est pas tombé dans la mer comme certains autres. Estil s’occupe des derniers papiers. On pourra ouvrir samedi après-midi ou lundi. Nous profitons du fait que les américains ont besoin de place dans le port et sont bien contents de nous voir vider les lieux…. Nous partons vers la zone de Marie-Madeleine pour visiter le dispensaire de Père Fons confié aux petites soeurs de la charité de la rue du Bac. La majorité des médicaments leur sont destinés. Ils sont accueillis avec grande joie car elles ont environ 300 consultations par jour. Merci aux belges ! Une partie de leur maison a été détruite, l’eglise “ti-legliz” est gravement endommagée et crevassée, la maison d’acarius est complètemet détruite mais l’école Dominique Savio et la maison de Père Fons ont tenu le coup. Je prends des photos pour marie-marthe…

Nous voulons absolument visiter la dernière maison salésienne de Port-au-Prince ville : thorland. Nous passons par le port maritime, quelques quais sont détruits et une dizaine de containers flottent. Heureusement ce n’est pas le cas pour le notre ! Le palais national est effondré, la maison du Président Préval également parait-il, le palais de justice, les ministères des finances et des affaires étrangères, le bureau général des impots(DGI) ne sont plus qu’ un tas de poussières, la poste centrale n’existe plus …… Tous les espaces libres sont envahis par des tentes ou autres abris (terrains de foot – stade Sylvio Cator), quelques journalistes américains en quête de sentiationnel trainent dans le coin. Sur cette immense place seuls le nègre mawon, la statue de Toussaint Louverture et les 200 marches du bicentenaire construites par l’ex-Président Aristide ont tenu !
….
Thorland : le mur des salésiennes est démoli à plusieurs endroits, tous les jardins de la résidence, du noviciat, de l’université d’anacaona sont remplis de petites tentes bien alignées. Il y a même des tentes le long du chemin et le long du cimetière. Un service d’eau et de nourriture a été établi. …
… Délié, le jardinier et madame saint Juste, la lavandière, sont vivants. Je les connais depuis 1995 !..... Le jardin de la résidence des pères est devenu un poste de secours. Il est bourré de monde. L’épicentre du tremblement de terre n’est pas loin. La résidence est crevassée, le réfectoire semble avoir resisté mais le sol est “ondulé”.
Plus loin les constructions repeintes par le groupe de Farnières semblent avoir tenu le coup. Quant à l’église, il ne reste que les 2 murs latéraux. C’est là que Jean Lesly et Garry ont été ordonnés prêtres …. Et derrière, le batiment qui servait pour les sessions des jeunes est complètement effondré. Heureusement il n’y avait personne à ce moment là ! Tout au fond sur le grand terrain de sport des soldats américains essayent de gérer l’approvisionnement. Sur le groupe des 5 soldats, 1 travaille et les 4 autres regardent avec leur mitraillette pointée sur des gens qui attendent bien sagement leur tour. Vous vous êtes trompés de public messieurs, ce ne sont pas des chimères que vous avez en face de vous, seulement une population qui attend dans le calme et la douleur. L’attitude de ces soldats est plus qu’indécente ..! Sur les deux heures passées à thorland ces soldats n’ont pas avancé d’un pouce …! L’Amérique fait beaucoup de bruit, déplace beaucoup de vent, …et prend beaucoup de temps. Voulu ? ou pas voulu ?......

…..j’apercois la famille de Patrick B., le jeune étudiant en médecine que nous parrainons à la paroisse. Il a perdu sa maman, son frère ainé, sa petite soeur, une tante et une cousine. Ses 2 jeunes frères ont pu s’entraider pour sortir des décombres. Ils nous amènent devant les ruines de leur maison. Ce matin on a degagé les corps. Ils ont demandé aux voisins la permission de les enterrer à même le sol le long du chemin. Devant cette tombe improvisée, simplement marquée par une branche d’arbre nous avons prié et nous avons pleuré, la main dans la main avec dignité et respect …..

…à Martissan nous prenons le Boul Dessalines. Je regarde à gauche, à droite, ..à droite, à gauche….il n’y a plus une maison intacte ! elles sont soit effondrées, soit crevassées, les quelques murs qui restent sont obliques ou en lambeaux. Au fur et a mesure que j’avance j’ai l’impression qu’une partie de moi meurt tout doucement, je n’ai plus de sensations, je n’ai plus de sentiments, je n’ai plus de larmes, j‘avance comme une automate entourée d’une odeur de mort et de brulé. J’avance jusqu’au Carrefour de Delmas. La téléco n’est qu’ un amas de poussières, je ne vois plus l’église st joseph. Plus rien ! quelques personnes qui essayent désespérément de retrouver encore quelque chose ….! Je reviens en arrière, je ne parviens pas à détourner mes yeux de cette vision et je réalise que je suis en train de marcher dans le plus grand cimetière du monde. Une grande pelleteuse arrive derrière moi pour ramasser les …”restes” de pierres et de corps humains et pour les déposer sur un terrain de la route neuve. Je monte jusqu’à Bel-Air. La grande batisse de plusieurs étages n’existe plus. Les chimères qui ont repris leurs quartiers au carrefour nous racontent qu’ils ont sortis une dizaine de soeurs. En réalité 15 religieuses filles de Marie de Paridaens, congrégation d’origine belge, sont décédées mais on n’a pas encore retrouver le corps de soeur Renée Kébrau, 6 sont blessées, les autres sont à Petionville. Derrière, l’église Notre Dame du Perpetuel Secours est par terre, seule subsiste la croix du Calvaire, je descends vers Elie Dubois, la maison est fortement crevassée. J’ai dans mon sac du courrier. Le gardien accepte le courrier de Janine et de soeur anne-marie, il ira demain les porter à petionville.

Nous retournons en silence jusqu’a notre petite maison.

IL N Y A PAS DE MOTS !!!

Samedi 30 janvier

C’est la passation de pouvoir entre l’ancien provincial, Père Jacques Charles et le Père Ducange Sylvain. La terre continue à trembler de temps en temps. Mais cette secousse à la fin de la messe a été plus forte. Nous nous regardons en nous disant que ce n’est pas possible que tous les Salésiens haitiens, beaucoup de salésiennes et de coopérateurs haitiens et étrangers ainsi que les provinciaux dominicains et mexicains soient rayés de la carte en une fois. Alors nous restons bien sagement assis et nous attendons la fin de la secousse….!

Le courrier de Janine pour Aquin et Les Cayes est remis au père Eustache , salésien qui les déposera à son retour aux cayes ce w.e.
……
En retournant nous passons devant l’église st Gerard. Il ne reste qu’ un morceau de la façade et la petite grotte avec la vierge à l’entrée. Le couvent de Béthanie en face est crevassé et abandonné “Mon rêve”, maison des pères scheutistes est crevassée mais tous les pères sont vivants Je monte jusqu’à la cathédrale dont il ne reste que quelques pans de mur et je prie devant l’évêché en ruines pour monseigneur MIot avec qui j’ai travaillé pendant 15 ans et pour toute la chorale de sainte Cecile (50 personnes) . ……

Dimanche 31 janvier

Fête de Don Bosco…..
…le courrier de marleen pour les scheutistes est remis au pere GUY, scheutiste belge Cet après-midi est consacrée à la visite de christophe Castera à Lillavois. Il va bien , un peu fatigué et fievreux car il revient d’ une mission humanitaire à leogane. Colette peux-tu faire passer le message à sa maman stp ? merci ….
Nous remontons la route de Delmas. il y a aussi beaucoup de dégats mais les grosses maisons qui avaient de bonnes fondations et de bons matériaux de construction sont restées entières et bien protégées
Petionville connait moins de désastres. L’église st Pierre de Petionville et Alta grace de Delmas sont bien en place ainsi que la chapelle de Don Bosco de Petionville.
Nous allons saluer les religieuses de st Francois d’assises, je vois soeur St Charles, je lui remets le courrier de marleen pour soeur Maryse. Des qu’elles le pourront elles se mettront en contact avec la belgique. Leur école normale est rasée (200 etudiants) ainsi que l’école d’infirmières plus les professeurs (250 etudiantes) …et nous arrivons pour la veillée de prières des religieuses de Bel Air, j’ai l’occasion de parler avec soeur Huguette, soeur Ignace, soeur Philomène et soeur Rachelle , de leur présenter notre affection pendant cette épreuve et le soutien de nos prières….

Lundi 1 fevrier

Ouverture du container !!! Le Pere Jethro a pris ses colis et le courrier de marleen Pè Augustin a pris ses colis et son courrier de jean marie Francia a pris le courrier de Loreze (yannick peux-tu prévenir stp ? merci) Je termine ici ce mail par ces quelques mots : Je voudrais tout simplement dire à tous les haitiens et haitiennes que je connais combien j’admire la foi et la dignité avec lesquels le peuple haitien a vécu ce drame, et en remerciant du fond du Coeur tous les représentants du corps médical rencontré pendant cette semaine qu ils soient belges, français, canadiens, italiens, dominicains ou israéliens ainsi que tous les haïtiens et tout spécialement les jeunes étudiants en médecine haïtiens qui ont été mis devant l’urgence de la situation. Ils se sont dépensés sans compter et ont été rapidement opérationnels. Leur attitude nous a donné beaucoup de courage à nous, tous les bénévoles, dont je salue également la présence en Haïti.

 

Merci pour vos prières. Elles nous ont soutenus énormément.

 

Avec toute mon affection

 

Maïté