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communiqué de presse
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Drapeau d'Haïti

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(en créole, timoun signifie enfant)

 

La reconstruction de Haïti prendra des années.

La mobilisation doit continuer.

N'oublions pas la population d'Ayiti (Haïti en créole)

drapeau vatican

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Actualités

Communiqué de presse: Haïti, la mobilisation doit continuer

Avant tout, nous remercions la RTBF et RTL-TVI pour leur reportage des JT de ce 25 septembre 2010 sur la situation catastrophique en Haïti.
Présents sur place depuis 1995, nous confirmons les informations présentées par ces télévisions mais précisons qu’il y a bien plus que des dizaines de milliers de personnes dans la situation de réfugiés sous tente.  Par ailleurs, ce n’est pas tant la pluie présente durant toute la saison des pluies que le vent qui a particulièrement fait des dégâts, accentuant l’effet de la pluie rentrant dans les abris de fortune.
Nous craignons par ailleurs de revoir dans les mois et les années à venir des reportages ponctuels confirmant que rien ne change : à l’occasion des élections présidentielles (si elles sont maintenues), puis à la date anniversaire du 12 janvier 2011, puis le 12 janvier 2012, … avec toujours les mêmes images de réfugiés sans la trop longue explication qui permettrait au  public de comprendre l’inaction malgré les dons.

 

Nous sommes embarrassés par la question de devoir dénoncer ou non l’inaction des aides promises.  Le public belge ne connaît pas la situation d’Haïti et nous devons le mobiliser pour obtenir son soutien nous permettant d’agir mais si nous dénonçons l’inaction de la Communauté internationale, il risque de ne simplement pas comprendre et avoir une réaction de : « je ne donne plus ».  Il faut pourtant bien dénoncer certains faits observés et donner quelques explications.

 

Premièrement, Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord et ne dispose d’aucune infrastructure : pas d’eau, quasi pas d’électricité, presque pas de routes. 
Vient se rajouter une capitale où plus d’un million de personnes n’ont pas de travail.  Sans sécurité sociale, ces gens n’ont donc aucun revenu pour acheter à manger… alors penser à ce que la population puisse se payer des matériaux de reconstruction est surréaliste (et parler de « reconstruction antisismique » est une absurdité d’intellectuels face à cette pauvreté).  Rien que pour manger et boire, les haïtiens dépendent déjà de l’aide internationale.
Suite au séisme du 12 janvier, plus d’un million de personnes se sont retrouvés réfugiés et vivent sous tentes dans des camps plus ou moins bien tenus, traumatisés (les adultes commencent à se remettre mais cela reste très difficile pour les enfants) et où les femmes et enfants subissent parfois des viols.
Lorsqu’on interroge les Haïtiens ou que l’on critique l’immobilisme de l’aide internationale, la réponse facile est de mettre en cause les autorités haïtiennes.  Nous avons aussi bien des critiques à faire sur des nouveaux Ministres qui ont acheté leur place de Ministre, sont incompétents et essaient parfois de profiter de la situation.  Mais c’est oublier un peu vite qu’Haïti n’a pas de machine pour déblayer ni même assez d’argent pour payer les ouvriers qui ramassent les débris à la pelle ; c’est oublier que, contrairement au Pakistan qui a une armée de F-16, Haïti n’a plus d’armée à mobiliser pour aider la population ou maintenir le calme ; c’est oublier un peu vite que la moitié des autorités a dû être remplacée suite aux décès lors du séisme ; c’est oublier surtout que la principale ville détruite, Port-au-Prince, est la capitale et la ville la plus peuplée d’Haïti ; c’est aussi oublier qu’ils ont une histoire faite de dictatures et non de démocratie mettant en avant l’intérêt supérieur de la population ; …
Ce dernier point soulève d’ailleurs de nombreuses questions sur le rôle des Américains qui auraient, par exemple, bien aimé avoir leur petit pantin en la personne de Wyclef qui est le seul candidat dont la Communauté internationale a entendu parlé.  N’est-ce pas aussi paradoxal de voir que la seule infrastructure qui fonctionne, les télécommunications, appartient en partie à l’épouse d’un ex-Président américain ?  N’est-ce pas surréaliste de voir nos containers d’aide humanitaire détournés sur Kinston sur ordre des Américains ?  …
Bref, nous regrettons aussi l’inaction des autorités haïtiennes mais nous la comprenons partiellement et surtout, connaissant le pays, nous savons, comme devrait le savoir la Communauté internationale, que ce n’est pas sur elles seules qu’il faut compter pour rétablir la situation de la population.

 

Deuxièmement, il y a l’aide promise de la Communauté internationale au sens institutionnel. 
En dehors du fait que cette aide n’arrive pas encore sous des prétextes politiques, il y a eu le grand principe de « coordination » : on a créé la CIRH : Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti, co-Présidée par Bill Clinton.  La CIRH a tenu sa deuxième réunion… le 17 août 2010 !!!  On constate qu’ils ne confondent effectivement pas urgence et précipitation… 
Au jour d’aujourd’hui, la CIRH a défini 6 objectifs (éducation, santé, agriculture, logement, enlèvement des débris, préparation aux désastres naturels) pour lesquels elle n’a par ailleurs pas assez de fonds.  Ces objectifs sont certes importants mais lorsqu’on regarde les objectifs de logement à long termes par exemple (voir www.cirh.ht), le CIRH reprend plus ce qui a été contrôlé et des actions passées (avec des mensonges) que des projets réels de reconstruction.  Ils nous parlent aussi d’un parc locatif qui ne concerne pas la majorité des haïtiens n’ayant pas de quoi payer un loyer.  Ils évoquent des prêts à la classe moyenne qui ne représente qu’une petite minorité et nous font même sourire en nous expliquant que des logements ont été reconstruits par des microcrédits… restons sérieux !  Et ces objectifs sont définis dans les 5 ans… cela signifie qu’ils resteront dans une situation de camps de réfugiés pour 5 ans au moins ? avec des vols provoqués par la faim ? avec des viols ? avec des arrestations pour attentats aux mœurs au champs de mars ? avec l’insécurité et des assassinats politiques ?  Qui s’étonnera s’il y a une révolution violente avant la fin de ces 5 ans ??? On ne peut pas demander à des gens de survivre dans des conditions bestiales pendant 5 ans !!!
Nous espérons nous tromper mais nous sommes persuadés que rien ne sera fait pour les milliers de personnes qui logeaient dans les bidonvilles avant le séisme.  En outre, développer l’agriculture est louable dans un pays ou la production locale est plus chère que les importations subventionnées des USA mais, si nous comprenons entre les lignes, les haïtiens continueront à manger du riz sans jamais avoir droit à un morceau de viande, même avariée par la chaleur…
Bref, nous applaudirons des deux mains ce que la CIRH fera de concret mais nous ne pouvons pas compter sur elle pour une reconstruction avant 5 ans au moins. En outre, ses objectifs privilégient la communication et ceux qui ont un minimum de moyens et non l’aide aux plus pauvres.

 

Troisièmement, et l’aide des autorités belges ?  Nous ne pouvons parler qu’en fonction de nos connaissances :
Au niveau de la Coopération fédérale, Haïti ne fait toujours pas partie des 18 pays prioritaires.  Le Ministre Charles Michel nous soutient moralement et va débloquer 20 millions d’euros sur 3 ans pour Haïti ; nous expliquant le 5 mai qu’ils seront consacrés à trois domaines dont la protection de l’enfance.  Ce qui est paradoxal, c’est qu’ils iront probablement à des ONG ayant une présence en Haïti au niveau international mais pas des ONG agissant depuis la Belgique sur des projets belges ciblés et contrôlables.  Il n’y aura donc de certain que de l’argent donné et de beaux rapports…  Nous avons d’ailleurs essuyé une absence de réponse à un projet de construction de centre pour enfants des rues, pourtant soutenu par le palais dans sa demande de subsides à La Loterie nationale et pour lequel l’UNICEF a marqué de l’intérêt.
Au niveau du Ministère des Finances, ils ont fait un effort considérable pour accorder l’autorisation de délivrance des attestations fiscales à titre exceptionnel au Consortium 12-12 (sur lequel nous reviendrons) en 6 jours…  Notre demande identique se serait perdue et nous avons demandé des nouvelles à plusieurs reprises, attendant maintenant cette autorisation depuis 75 jours…
Au niveau de la Communauté française et de la Région Wallonne, après plus d’un mois d’attente d’une réponse, le Ministre-Président, Rudy Demotte, nous a expliqué qu’ils avaient donné 1,2 millions d’euros en janvier 2010.  Merci Monsieur Demotte.  Sauf que les 3 ONG aidées ne sont présentent que dans leurs représentation internationale et non belge.  Sauf qu’il a donné 100.000 euros à une ASBL déjà soutenue et qui soutient un orphelinat que nous avons-nous-mêmes aidé.  Sauf qu’il refuse de nous aider alors que nous demandions un subside lié à des matières communautaires comme une production audiovisuelle de sensibilisation.  Sauf qu’il semble estimer que son aide, pour des mesures d’urgences, est largement suffisante et qu’il laisse sous-entendre qu’il ne veut plus aider de nouvelles demandes.  Concrètement, selon nous, il n’y a que les 400.000 euros pour l’UNICEF, les 200.000 euros pour Médecins du Monde, les 100.000 euros pour B-Fast et les 100.000 euros pour « sourires d’enfants » qui auront servi à quelque chose ! Et nous regrettons que Monsieur Demotte estime en avoir fait assez.
Au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, moins riche, il y a eu un premier geste pour Haïti et nous ne pouvons nous exprimer, en l’attente d’informations et d’une réponse à un courrier récent.

 

Quatrièmement : quid du consortium 12-12 ?
Le 5 mai, nous écrivions au consortium 12-12 et à chacune de ses ONG en Belgique pour les supplier de développer des projets belges et non d’envoyer de l’argent sans un contrôle direct.  Le 17 mai, le Président, Eric Todts, nous répondait qu’ils travaillaient sous coordination internationale, avec des partenaires locaux sur un principe de confiance.  Le principe de confiance nous semble surréaliste lorsque l’on connait la situation des détournements en Haïti. 
Nous devons donc constater qu’aucun contrôle n’est possible si ce n’est dans de beaux rapports analysés par des réviseurs n’y connaissant rien en humanitaire en Haïti et dont Monsieur Todts me parlait par téléphone le 11 août sans pouvoir me citer un seul exemple de projet concret réalisé grâce au tiers de la somme prétendument utilisée après six mois. 
Paradoxalement, nous avons appris par l’UNICEF que le consortium a décidé d’ouvrir sa manne financière à des projets d’autres humanitaires, appelés « second cercle ».  Ceci n’était pas annoncé sur le site du consortium 12-12 mais seulement d’Acodev.  Lorsque nous l’avons appris et alors que nous avions pris le temps de penser notre projet de construction de centre pour enfants des rues, tout l’argent réservé était déjà distribué…
Etant présents sur place, nous pouvons confirmer l’excellent travail de Médecins du Monde qui, avec des Médecins belges, reconstruit un hôpital à Petit-Goâve.  De même, nous avons rencontré en Haïti la Responsable d’UNICEF (principal bénéficiaire du consortium 12-12), Françoise Gruloos, qui aide très activement les enfants et leurs familles.  Par contre, nous n’avons pas encore vu de projets concrets, et a fortiori financés par la Belgique, des 3 autres ONG… Nous avons demandé des informations à Monsieur Todts pour pouvoir les visiter mais il nous a répondu que tout sera expliqué dans le rapport final…

 

N’y a-t-il vraiment rien de fait ?
Bien entendu, la situation est telle que même si tout l’argent était effectivement utilisé de manière optimale, l’aide apportée ne suffirait pas face aux besoins inimaginables en Europe.  Nous saluons la mobilisation exceptionnelle des belges mais l’aide fournie et celle promise ne suffiront pas à reconstruire Haïti.  Si nous ne continuons pas à nous mobiliser, les images de réfugiés ne seront pas des archives mais des actualités dans dix ans encore.  Il faut bien comprendre que c’est la capitale de plus d’un million d’habitants qui a, entre autres, été détruite et qu’il n’y a aucun endroit dans le pays pour accueillir les réfugiés en masse. 
Qu’ont fait les humanitaires en 9 mois ? 
Dans un premier temps, il y a eu une action d’urgence.  On a essayé de sauver des vies en sortant des rescapés des décombres, grâce notamment à B-Fast dont l’action est unanimement saluée. 
Ensuite, on a constaté les dégâts et il a fallu trouver une solution pour installer les survivants dans des conditions acceptables : les premiers camps se sont créés spontanément avec des bâches et des bouts de bois puis nous avons envoyé des tentes pour un minimum de confort mais tellement précaires lorsqu’il fait plus de 40°C ou qu’il y a une pluie tropicale.  En même temps, il a fallu envoyer des médicaments et installer des dispensaires pour soigner les blessés. 
Bien entendu, il y avait une urgence de fourniture d’eau, rencontrée entre autres par l’UNICEF ; et de nourriture rencontrée par exemple par l’ONG américaine Food for the Poor.  Mais ils avaient tout perdu et n’avaient même plus de vêtements.  Et que dire des besoins d’hygiène sans eau ni savon ?  Heureusement que l’UNICEF a aussi installé des toilettes dans des camps. 
Ce n’est qu’après avoir tenté de répondre au mieux à ces nécessités de survie que l’on a pu songer au problème de la reconstruction.  Imaginez-vous que c’est l’équivalent d’une ville comme Bruxelles qui a été détruite et qu’il faut reconstruire. 
Et la première étape est bien entendu de dégager les débris sous lesquels il reste encore de nombreux corps.  Mais sans bulldozer, comment faire ?  Ce sont des hommes, appelés les fourmis jaunes, qui dégagent les décombres à la pelle contre quelques gourdes (monnaie locale) avec lesquelles ils auront de quoi manger.  On les critique de ne pas aller assez vite mais nous, avec des pelles sous 40°C, combien de temps mettrions-nous pour dégager les rues de Bruxelles ?  Heureusement, cette étape commence à avancer grandement et les rues commencent à se dégager.
Pour l’instant, les ONG continuent à aider à la survie dans les camps et entament des projets liés à l’enfance, à l’éducation, à la santé, … mais la reconstruction de logements risque d’attendre encore des années.  Et le problème est que toutes ces actions des ONG sont autant de goutte d’eau salvatrice dans un océan de détresse. 
Les Haïtiens survivent dans des conditions inacceptables au 21ème siècle.  Et dans l’indifférence de la Communauté internationale qui ignore ces conditions de vie.  On s’en souvient à l’occasion d’une actualité comme celle, que nous saluons à nouveau, de ce 25 septembre.  Mais faut-il continuellement attendre un ouragan, un tremblement de terre ou une révolution pour que l’on nous sensibilise à la situation désastreuse d’Haïti ?  En analyste, nous prévoyons une nouvelle intervention des médias lors des élections présidentielles en novembre 2010 ; puis à la date anniversaire du tremblement de terre… 

 

Mais que vous faut-il pour vous sentir encore touchés ? Que nous dénoncions ce que nous essayons de combattre depuis 1995 ? Il vous faut des femmes qui se font violer dans des camps ? Il y en a ! Il vous faut des enfants réduits à se prostituer auprès des soldats étrangers sensés maintenir l’ordre ? Et oui, ça arrive ! Il vous faut des vieux dont l’estomac est rongé par des vers à cause de la nourriture avarié ? Nous en avons rencontré.  Il vous faut des enfants utilisés par des trafiquants de drogue et qui plonge dedans ? Nous les aidons ! Il vous faut des anecdotes de patients qui sont morts parce qu’ils n’avaient pas l’argent pour payer les médicaments ? Nous ne les comptons plus ! Et si ça ne suffit pas, demandez-nous, la liste est encore longue. 
Et qu’est-ce qui nous touche encore ?  Ces gens ont tout perdu.  Ils ont faim.  Ils dorment par terre depuis plus de neuf mois.  Pourtant, ils passeraient la nuit debout pour vous permettre de dormir dans leur tente ; ils se priveront de repas (riz ou pâtes) pour vous donner à manger ; ils sont traumatisés mais vous accueillent avec le sourire.  Non, ce ne sont pas des chiens !  Ils sont dignes mais cela fait trop longtemps qu’ils endurent des conditions inhumaines.  Cela a déjà trop duré et risque de durer encore des années.
Nul ne peut dire s’il y aura un mouvement de révolte un jour mais ce qu’ils vivent dans l’indifférence ne peut que mener à la révolte.  J’espère que n’aurions pas l’audace d’être surpris si cela devait arriver ni l’audace de le reprocher aux seules autorités haïtiennes qui sont grandement critiquables mais n’ont pas les moyens d’agir seules.

 

Si je me permets ce « cris de détresse », c’est que nous sommes une ASBL de bénévoles, sans subside et ne cherchant pas la médiatisation mais qui, depuis le séisme, a ouvert un camp de réfugiés et envoyé et distribué en Haïti seule 6 containers d’aide humanitaire ainsi que 10 autres avec notre partenaire Werled Missie (200 tonnes).  Nous en enverrons encore deux autres en novembre.  Nous sommes officialisés depuis peu mais nous sommes actifs dans l’aide humanitaire en Haïti depuis 1995.  Avec ce que nous vivons sur place, il nous est difficile de supporter l’indifférence due à la lassitude mais aussi un manque d’informations.  Ils ont encore besoin d’aide !  Nous sommes prêts à aider mais les soutiens sont rares.
J’ignore si vous pourrez tirer des informations de ce communiqué et voudrez agir mais il est certain que la situation d’Haïti doit être expliquée pour être comprise et que l’aide fournie ou promise est bien loin de rencontrer les besoins observés. 
C’est de notre devoir de ne pas fermer les yeux !

 

Avec mes meilleurs sentiments,
François-Xavier Calay